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- Extrait de nouvelle -
Jamais une telle impatience de bouger ne m'avait autant poussé à sortir dans la rue ! Jamais je n'avais eu autant envie de respirer un autre air, même humide, même pollué, que celui de ma demeure si refermée sur elle-même ! Jamais je ne m'étais autant dit qu'il fallait pour changer quelque chose à ma vie, rencontrer du regard d'autres êtres vivants ! Plaquant là mes chères études, refermant sèchement mon carnet de rendez-vous, je claquais lourdement ma porte, ébranlant le mur d'entrée, pour me retrouver sur le trottoir, inondé d'un soleil tiède.

Le premier pas était fait, j'allais au devant de quelque chose que je pressentais, quelque chose d'indéfinissable, quelque chose qui allait peut-être me transformer car vivre toute la première partie de sa vie avec les yeux derrière la tête n'était pas très enviable... Je ne voulais qu'une choses, prendre la vie quotidienne en flagrant délit de cachotterie. Crânement, j'ai suivi la rue dans ses moindres méandres, les yeux enfin revenus à leur bonne place, et là dans la rue, j'ai vu quelque chose de bizarre ! Les magasins de droite étaient identiques à ceux de gauche, avec de longs câbles électriques qui pendaient au ras de la route afin que les passants traversent au-dessus du goudron chaud, puisque tout était en travaux... J'ai alors traversé au-dessus de l'asphalte en fusion en me cramponnant de câble en câble, comme Tarzan aux lianes, afin de profiter de ma sortie pour aller chercher le cadeau, chez un bijoutier, qu'une femme venait de me faire.
Mais la montre à quartz, car il s'agissait bien d'une montre à quartz, était un cadeau empoisonné ! En effet, à mon poignet, elle me bloquait les jambes et je restais là, immobile, sans pouvoir continuer ma route...
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